Contexte Général

Le système éducatif actuel au Niger a soustrait beaucoup de jeunes scolarisés ou alphabétisés du milieu rural sans leur offrir d’autres perspectives en termes d’emplois durables, et ceux qui y restent aussi ne travaillent que trois mois sur douze dans l’année.  Ainsi, la précarité de l’emploi, l’irrégularité des revenus et la progression de la mendicité engendrent déjà une intensification des revendications sociales et la montée de l’insécurité pour les personnes et leurs  biens. Les conséquences de cette situation sont aujourd’hui dramatiques : les campagnes se vident de leurs bras valides qui vont en exode vers les pays côtiers ou vers l’Europe. Les jeunes en général, ne reçoivent aucune formation spécifique en dehors de l’enseignement général et de l’école coranique. Ils ont tendance à abandonner l’exploitation de la terre en partant en exode vers les villes.

Il est aujourd’hui temps  de s’atteler corps et âme à moderniser l’agriculture, l’élevage et l’industrie y compris les mentalités pour l’adapter à l’évolution du monde actuel devenu sans pitié, ne laissant aucune place à l’oisiveté et au fatalisme. Le pays a besoin d’agriculteurs et d’éleveurs professionnels qui seront capables d’entreprendre la modernisation progressive des productions agro-sylvo-pastorale pour sortir du système agricole archaïque actuel et valoriser ainsi le potentiel existant. D’éminents spécialistes du développement rural sont convaincus que les terres nigériennes sont capables de produire dix fois plus.  La cause n’est donc pas perdue d’avance, à condition de prendre les dispositions utiles et agir avec conviction. Des solutions existent, des marges d’accroissement de la productivité sont certaines.

S’agissant plus spécifiquement de la Commune rurale du Tagazar (Balleyara), les  jeunes quittent leurs villages pour se rendre dans le chef-lieu de la Commune Balleyara pour y mener  de  petites activités commerciales. Le taux de cet exode est estimé à 60 % de la population des jeunes de la tranche d’âge 13 à 21 ans  D’autres jeunes se rendent dans les centres urbains (Niamey) voir à l’extérieur du pays dans l’espoir de trouver du travail meilleur. Le taux pour ce type d’exode varie de 25 à 45 % des jeunes ressortissants de la Commune. Les principaux pôles d’accueil de ce type d’exode sont notamment : la ville de Niamey, la Côte d’ivoire, le Bénin, le Ghana, le Nigeria etc.

Face à cette situation, que faire ?

La Fondation ‘’TABOGHOR ‘’est convaincue que la solution réside dans l’avènement de nouveaux types d’acteurs dans le secteur rural qui seront capables de mieux maîtriser les techniques de production, de gestion, de commercialisation et de préservation du milieu naturel. L’arrivée massive de ces jeunes scolarisés, pourrait entamer la modernisation progressive des systèmes de production au Niger. Cette stratégie a par ailleurs été utilisée avec succès en France notamment à travers les lois d’orientation agricole successives de 1960 et 1962 inspirées par Michel Debré et de Edgar Pisani (CF Rhissa et Coll ,2006 intitulé ‘’Contribution à la modernisation des systèmes d’élevage en Afrique sahélienne ‘’ pour la Conférence internationale de Beijing sur le développement rural

Adopter de nouvelles approches est une nécessité impérieuse. Ces nouvelles approches devront réaliser d’une part, la symbiose entre la stratégie paysanne, la technologie endogène et d’autre part, la rationalité technique. Il s’agira ensuite de convaincre par des exemples concrets qui font la preuve de leur efficacité dans l’amorce d’une véritable modernisation des systèmes de production au Niger

La fondation Taboghor œuvre selon deux volets :

1. Implantation des villages modèles
Le Programme d’implantation de villages modèles a donc pour objectif principal de contribuer à préparer l’avènement d’un autre type d’éleveur et d’exploitant agricole suffisamment motivé et maîtrisant parfaitement les techniques de production, de commercialisation et de gestion. Le but ultime visé par le programme est de provoquer une transformation des milieux dans lesquels vivent les communautés à travers l’amélioration non seulement du cadre de vie mais aussi  le renforcement des activités économiques qui vont garantir la pérennité du processus et ceci dans le respect de leurs dignités.

2. Centre de formation
Qui agit à titre de laboratoire pour le développement de nouvelles techniques d’élevage et d’agriculture qui permettent d’accroître considérablement les rendements. Les nouvelles techniques sont ensuite mises en pratique par les acteurs des villages modèles.

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