Lettre du Président

Le système éducatif actuel au Niger a soustrait beaucoup de jeunes scolarisés ou alphabétisés du milieu rural, sans leur offrir d’autres perspectives en termes d’emplois durables ; et ceux qui y restent aussi ne travaillent que trois mois sur douze dans l’année.  Ainsi, la précarité de l’emploi, l’irrégularité des revenus et la progression de la mendicité engendrent déjà une intensification des revendications sociales et la montée de l’insécurité pour les personnes et leurs  biens. Les conséquences de cette situation sont aujourd’hui dramatiques : les campagnes se vident de leurs bras valides qui vont en exode vers les pays côtiers ou vers l’Europe. Que faire ?

Il est aujourd’hui temps  de s’atteler corps et âme à moderniser l’agriculture, l’élevage et  l’artisanat y compris les mentalités pour l’adapter à l’évolution du monde actuel. Le Niger a besoin d’agriculteurs et d’éleveurs professionnels qui seront capables d’entreprendre la modernisation progressive des productions agro-sylvo-pastorale pour sortir du système agricole archaïque actuel et valoriser ainsi le potentiel existant. Les terres nigériennes sont capables de produire dix fois plus. Des solutions techniques existent, des marges d’accroissement de la productivité sont également certaines. Comment faire ?

La Fondation ‘’TABOGHOR ‘’est convaincue que la solution réside dans l’avènement de nouveaux types d’acteurs dans le secteur rural qui seront capables de mieux maîtriser les techniques de production, de gestion, de commercialisation et de préservation du milieu naturel. L’arrivée massive de ces jeunes scolarisés, pourrait entamer la modernisation progressive des systèmes de production au Niger. Cette stratégie a été par ailleurs utilisée avec succès en France notamment à travers les lois d’orientation agricole successives de 1960 et 1962 inspirées par Michel Debré et par Edgar Pisani.

Pour atteindre ces objectifs, « la FONDATION TABOGHOR » entend: (i) organiser des villageois en villages modèles de solidarité avec amélioration de leur cadre de vie sur la base de leur propre vision ;  (ii) encadrer les villageois pour qu’ils deviennent des exploitants d’un nouveau type maîtrisant les techniques de production, de gestion et de commercialisation ; (ii) améliorer la productivité de l’agriculture et de l’élevage pour que ces deux activités deviennent plus attractives et moins pénibles.

Le Centre Taboghor a été érigé à 3 km entre Tabla et Balleyara par le Président-Fondateur sur ses propres fonds pour montrer les exemples d’exploitation. Un premier village modèle d’une quinzaine de ménages (environ 100 personnes) a été érigé à proximité du Centre d’appui pour servir de référence. Deux autres villages sont en cours d’installation toujours à proximité du Centre Taboghor. Les cases améliorées sont en matériaux locaux. Chaque village dispose aussi de l’eau courante, de l’électricité et de la télévision et chaque chef de ménage dispose  d’une unité de production qui lui rapporte un revenu mensuel égal au SMIG. L’investissement total pour ériger un village modèle durable s’élève à 15 500 $ US

La FONDATION TABOGHOR souhaite vivement collaborer d’une part avec tous les partenaires locaux (ONG, services techniques de l’Etat, Programme Spécial pour la Sécurité alimentaire-PSSA, Programme Spécial du Président de la République) et d’autre part avec les Partenaires internationaux (FAO, PNUD, PAM, l’UNICEF, Banque Mondiale, Coopérations belge, française, italienne, suisse, canadienne, hollandaise etc….afin d’ aider à concrétiser son slogan ‘’vivre en campagne comme en ville’’

La Fondation TABOGHOR souhaite aussi collaborer avec les personnes morales ou physiques qui aimeraient apporter leur contribution personnelles à la modernisation rurale au Niger, dans la limite de leurs moyens, à travers le site web de la fondation intitulé ‘’http ://www-fondation taboghor.org’’ En retour, les sages du village ont accepté le principe de donner le nom de leur bienfaiteur en plus du nom habituel du patriarche fondateur à l’occasion d’une cérémonie traditionnelle solennelle qu’ils entendent organiser pour cette occasion.

Il s’agira surtout de conjuguer ensemble les efforts afin d’atteindre des résultats rapides, visibles  et durables pour aider à sortir de la pauvreté et de la misère tout en valorisant les connaissances des paysans et des ressources naturelles locales.

Niamey 15 janvier 2010

Dr Zakary RHISSA | Président de la Fondation TABOGHOR

Dr Zakary RHISSA
Président de la Fondation TABOGHOR,
Président de l’Ordre National des Vétérinaires du Niger et
Ancien Fonctionnaire de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

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